Lorsqu’il s’agit d’installer une climatisation réversible dans une maison ou un appartement, deux grandes solutions reviennent presque toujours : la climatisation gainable et le système multisplit.
Sur les devis, les noms sont là, les chiffres aussi, mais très souvent, la vraie question reste sans réponse claire : en pratique, qu’est-ce que cela change pour votre confort, pour les travaux, pour l’esthétique et pour la consommation au quotidien ?
Cet article a pour objectif de vous donner une vision globale, précise et pédagogique de ces deux systèmes.
À la fin de votre lecture, vous saurez ce qu’est une climatisation gainable, ce qu’est un multisplit, comment ils fonctionnent, ce qu’ils impliquent chez vous et dans quels cas l’un est plus adapté que l’autre.
L’idée n’est pas de dire qu’un système est “meilleur” dans l’absolu, mais de vous permettre de comprendre lequel est cohérent pour votre logement et votre projet.
La climatisation gainable et le multisplit reposent toutes deux sur le même cœur technologique : une pompe à chaleur air/air.
Le principe est le suivant. Une unité extérieure prélève des calories dans l’air, même lorsqu’il ne fait pas très chaud dehors, puis les transfère à un fluide frigorigène.
Ce fluide circule ensuite vers le ou les modules intérieurs, où cette énergie est soit restituée sous forme d’air chaud en hiver, soit évacuée pour produire de l’air frais en été.
Il est important de comprendre qu’il ne s’agit pas d’une simple “résistance électrique” qui produirait de la chaleur en consommant directement l’électricité.
La pompe à chaleur utilise l’électricité principalement pour faire fonctionner un compresseur, qui permet de déplacer la chaleur. C’est pour cette raison qu’elle peut restituer plusieurs kilowattheures de chaud pour un seul kilowattheure consommé.
Sur ce principe commun viennent se greffer deux grandes façons de diffuser l’air dans le logement.
Dans un cas, avec le multisplit, l’air est soufflé directement par des unités visibles, fixées dans chaque pièce.
Dans l’autre, avec la climatisation gainable, l’air est acheminé dans un réseau de gaines dissimulé dans les combles ou les faux plafonds, pour ressortir par des grilles discrètes. C’est là que les chemins se séparent, et que les différences apparaissent.
Un système multisplit se compose d’une unité extérieure et de plusieurs unités intérieures, chacune desservant une pièce ou une zone du logement.
Concrètement, l’on retrouve souvent une unité murale dans le salon, une unité dans le couloir ou la cage d’escalier, éventuellement une dans une ou plusieurs chambres.
Chaque unité intérieure est reliée à l’unité extérieure par des liaisons frigorifiques.
Le fonctionnement ressenti par l’utilisateur est assez intuitif.
Chaque pièce équipée dispose de sa propre télécommande ou de sa propre consigne de température. Il est possible de climatiser fortement le séjour, de laisser une chambre à une température plus modérée, ou d’éteindre complètement une unité dans une pièce inoccupée. La logique est très “pièce par pièce”.
Ce type de système est particulièrement adapté lorsque l’on souhaite intervenir dans un logement existant sans engager de gros travaux. Les unités intérieures se fixent sur les murs ou en hauteur, les liaisons passent en apparent dans des goulottes ou dans des doublages lorsque c’est possible. Il n’est pas nécessaire de refaire des plafonds ni de disposer de combles accessibles.
En revanche, cette simplicité d’installation a un corollaire esthétique.
Plusieurs blocs intérieurs restent visibles dans les différentes pièces.
Certaines personnes s’y habituent très bien, d’autres y sont plus sensibles et préfèrent des solutions plus discrètes, surtout dans des pièces à la décoration très travaillée.
C’est souvent ce critère, combiné au budget, qui influence le choix.
La climatisation gainable repose sur une logique différente.
Au lieu de placer une unité intérieure dans chaque pièce, l’on installe une unité unique, généralement dans les combles, un faux plafond ou un local technique.
De cette unité part un réseau de gaines isolées qui distribuent l’air dans les différentes pièces.
L’air chaud ou froid est ensuite soufflé au travers de bouches discrètes intégrées au plafond, au mur haut ou parfois en allège.
Vu de l’intérieur, il n’y a donc aucune unité murale apparente. Seules quelques grilles ou diffuseurs, souvent design et discrets, laissent passer l’air.
C’est ce qui fait de la climatisation gainable une solution très appréciée dans les maisons neuves, les rénovations haut de gamme ou les intérieurs où l’on souhaite préserver au maximum l’esthétique des pièces.
Sur le plan du confort : un système gainable bien conçu permet d’obtenir une diffusion d’air très homogène.
L’air peut être soufflé de manière douce et répartie, ce qui réduit les sensations de courant d’air direct. Le bruit perçu dans les pièces peut également être très faible, puisque le ventilateur principal est déporté dans les combles ou le faux plafond.
En revanche, cette solution nécessite davantage de travaux.
Il faut pouvoir faire passer des gaines dans des espaces disponibles, prévoir les réservations dans les plafonds, adapter l’isolation des conduits, gérer les longueurs et les pertes de charge.
Elle est donc particulièrement adaptée lorsque l’on est en phase de construction ou de rénovation lourde, ou lorsque la configuration du logement s’y prête bien.
Même si les deux systèmes partagent une unité extérieure et un principe de pompe à chaleur air/air, ils se distinguent sur plusieurs points clés.
La première différence :
C'est la manière dont l’air est diffusé. Dans un système multisplit, l’air est soufflé directement par les unités intérieures, situées dans les pièces ou sur les murs.
Dans un système gainable, l’air est acheminé par des gaines pour ressortir à travers des bouches souvent positionnées de façon plus centrale ou plus discrète. Cette différence de diffusion se ressent en termes de confort (sensation d’air plus ou moins direct) et d’esthétique.
La seconde différence :
Elle concerne la régulation de la température. Avec un multisplit, chaque unité intérieure peut suivre une consigne propre. Il est donc très simple de chauffer, par exemple, le salon à 21 °C, de maintenir une chambre à 19 °C et de laisser une autre chambre éteinte.
Dans le cas d’un gainable, tout dépend du type de régulation mis en place.
Certaines installations gèrent une température unique pour l’ensemble du logement. D’autres, plus sophistiquées, intègrent un système de zonage avec registres motorisés et thermostats par pièce ou par zone.
Cela permet une régulation fine, mais demande une étude et un matériel plus poussés.
La troisième différence :
Elle porte sur les travaux. Un multisplit peut s’installer relativement rapidement, y compris dans un logement occupé, avec des percements limités. Une climatisation gainable, elle, nécessite de créer un réseau interne de distribution, ce qui implique généralement des travaux de plafond ou l’utilisation de combles.
Cet aspect explique en partie l’écart de budget constaté entre les deux solutions.
Enfin, la perception au quotidien n’est pas la même :
Dans un intérieur avec unités murales, la présence de la climatisation est visible, presque assumée. Dans un intérieur équipé d’un gainable, la technique disparaît presque entièrement au profit de l’ambiance globale. Les deux approches répondent à des attentes différentes.
Le principal avantage d’un système multisplit est sa simplicité relative. Il s’adapte très bien à des projets où l’on souhaite installer une climatisation dans une maison déjà habitée sans tout refaire.
Il permet par exemple d’équiper un séjour et une ou deux chambres sans toucher aux plafonds ni à l’organisation de la maison.
Cette solution est également très flexible :
Il est possible de commencer avec une ou deux unités intérieures, puis d’en ajouter ultérieurement si l’unité extérieure le permet.
Cette progressivité parle à de nombreux foyers qui préfèrent étaler leur investissement dans le temps plutôt que de tout réaliser en une seule fois.
Sur le plan pratique, chaque unité dispose de ses filtres, ce qui impose un petit entretien régulier, mais facilite également l’accès. En cas de maintenance, le technicien intervient directement sur l’unité visible, sans devoir se glisser dans des combles ou des espaces difficiles.
Pour un appartement, une maison sans combles accessibles ou une rénovation avec peu de travaux invasifs possibles :
Le multisplit apparaît souvent comme la solution la plus logique. Il apporte un très bon niveau de confort, une régulation indépendante par pièce, et un budget d’installation généralement inférieur à un gainable.
La climatisation gainable se distingue avant tout par son intégration.
Pour une personne qui attache beaucoup d’importance à l’esthétique des intérieurs, le fait de ne voir aucun bloc mural est un argument de poids.
Les seules traces visibles sont les bouches de soufflage et éventuellement les grilles de reprise d’air, qui peuvent être intégrées de manière très discrète.
Le confort ressenti est également particulier :
Au lieu d’être exposé à un flux d’air direct provenant d’une unité située sur un mur, l’occupant bénéficie d’un air diffusé souvent depuis le haut, de manière répartie.
Cela peut limiter les sensations de “coup de froid” ou de courant d’air et offrir un climat intérieur plus homogène.
Dans les installations les plus abouties, le gainable peut être associé à un système de régulation par zones.
Chaque chambre, par exemple, peut disposer de son propre thermostat, qui agit sur des volets motorisés dans les gaines. Cela permet de concilier l’esthétique du gainable et la finesse de régulation habituellement associée au multisplit.
Ce type de système prend tout son sens dans une maison neuve avec combles perdus, dans une rénovation où l’on refait les plafonds, ou dans un projet où l’on souhaite obtenir une ambiance haut de gamme, très proche d’un système de chauffage/climatisation centralisé.
Même s’il est très pertinent dans de nombreux cas, le multisplit a aussi ses limites.
Le premier point est esthétique :
Multiplier les unités murales dans une maison peut finir par lasser, surtout lorsque l’on souhaite des murs épurés ou des pièces très décoratives. Certaines unités design existent, mais elles restent plus visibles qu’une bouche discrète dans un plafond.
Le deuxième point concerne la cohérence dans les grandes pièces ou les espaces ouverts :
Une seule unité dans un grand séjour avec mezzanine aura parfois du mal à répartir parfaitement la température. L’air soufflé reste concentré dans une zone, et les gradients de température peuvent être plus marqués.
Enfin, la multiplication des unités intérieures implique un entretien réparti :
Chaque bloc possède ses filtres, qui doivent être nettoyés régulièrement. Ce n’est pas une contrainte insurmontable, mais cela suppose de ne pas l’oublier pour conserver un niveau de performance et de qualité d’air satisfaisant.
À l’inverse, la climatisation gainable, malgré ses qualités, n’est pas adaptée à toutes les situations.
La première contrainte est celle des travaux :
Pour installer un réseau de gaines, il faut des volumes disponibles : combles, faux plafonds, caissons techniques. Dans une maison avec plafond béton sans combles accessibles, par exemple, la mise en place d’un gainable peut devenir très complexe, voire inadaptée, sauf à accepter des travaux très lourds.
La seconde contrainte concerne le dimensionnement et la mise au point :
Un gainable mal étudié, avec des gaines trop longues, mal isolées ou mal équilibrées, peut générer des différences de soufflage entre pièces, des bruits de ventilation ou une perte de performance. L’expertise de l’installateur est ici déterminante.
Enfin, dans les configurations sans zonage, la régulation se fait parfois pièce principale par pièce principale, avec des effets indirects dans les autres :
Il est alors plus difficile de gérer des températures très différentes entre les chambres et le séjour. Il est possible d’intégrer un système de zonage performant, mais cela augmente le coût et la complexité de l’installation.
En termes de coût d’installation, un système multisplit est, la plupart du temps, moins onéreux à mettre en place qu’une climatisation gainable.
Les travaux sont plus légers, les matériaux nécessaires moins nombreux et la mise en œuvre plus rapide. Pour un projet de rénovation simple ou pour un budget contrôlé, cela peut peser lourd dans la balance.
Le gainable, lui, s’accompagne généralement d’un investissement supérieur. Il faut prendre en compte l’unité intérieure spécifique, les gaines isolées, les bouches, le temps de pose et, le cas échéant, les adaptations de plafonds. Il se place ainsi davantage comme une solution “structurelle” de la maison, au même titre qu’un réseau de chauffage central.
Sur le plan des performances énergétiques, les deux systèmes peuvent être très efficaces s’ils sont bien dimensionnés et bien réglés.
Le rendement de la pompe à chaleur dépend avant tout de la conception globale de l’installation, des températures de consigne choisies et de l’isolation du bâtiment. Les différences se jouent plus sur le confort, l’esthétique et le mode d’utilisation que sur la technologie de base.
L’entretien est enfin légèrement différent.
Un multisplit réclame une attention à chaque unité intérieure, avec un nettoyage régulier des filtres par pièce.
Un gainable demande de veiller à la propreté des filtres de reprise et à l’état des gaines, ce qui peut conduire à des opérations plus ponctuelles mais parfois plus techniques.
Dans les deux cas, un entretien annuel par un professionnel reste recommandé pour conserver les performances et la longévité du matériel.
La véritable question n’est pas de savoir si le multisplit est “mieux” que le gainable, ou l’inverse, mais de déterminer lequel est adapté à votre maison, à vos contraintes et à vos attentes.
Si l’habitation dispose de combles accessibles ou que des faux plafonds sont prévus dans un projet de construction ou de rénovation lourde, si l’esthétique intérieure est une priorité, si l’on souhaite une solution très intégrée et discrète, la climatisation gainable mérite d’être sérieusement envisagée. Elle offrira un confort global, une diffusion homogène et une intégration quasi invisible.
Si, au contraire, l’on se trouve dans un logement déjà fini, sans possibilité d’intervenir sur les plafonds, si l’on souhaite limiter les travaux, si l’on privilégie la souplesse de régulation par pièce avec un budget plus contenu, le multisplit apparaît généralement comme la solution la plus cohérente. Il permettra de cibler les pièces principales et d’ajuster très finement les températures selon les usages.
Dans tous les cas :
La décision devrait toujours reposer sur une analyse précise du logement : volumes à traiter, isolation, possibilités de passage de gaines, attentes en termes de confort, de design et de budget. Un bon conseil ne se résume pas à proposer le même système à tout le monde, mais à expliquer pourquoi une solution est plus logique qu’une autre dans un contexte donné.
La différence entre une climatisation gainable et un multisplit ne se limite pas à un détail technique ou à un nom sur un devis.
Elle touche à la manière dont l’air est diffusé, à l’apparence des pièces, au type de travaux nécessaires et à la façon dont l’on souhaite gérer le confort au quotidien.
Le multisplit :
Est une solution souple, modulaire et relativement simple à installer, idéale pour la plupart des rénovations et pour les logement où l’on veut intervenir sans tout transformer.
La climatisation gainable :
Elle s’apparente davantage à un système intégré de confort global, discret, performant et particulièrement adapté aux maisons neuves ou aux rénovations structurantes.
Comprendre ces différences permet de ne plus subir le choix, mais de le faire en toute conscience.
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